n°17, nouvelle série
n°17, nouvelle série
Qui sommes-nous ?
Social
Nucléaire
Emission de Radio
Courant alternatif
Social bis
La Question Sociale
Encore plus efficace :
http://journal2-lechatnoir.site.voila.fr

Les émissions radios :
http://reimsradioprimitive.free.fr

Consultez le site de l'OCL
http://oclibertaire.free.fr

OCL Reims
http://monsite.wanadoo.fr/pascaloclreims/

RESF Reims
http://resf.reims.free.fr

Au sommaire :
- Suppression de la carte scolaire :
vers une éducation de classe.
- Le bonheur, c'est bourgeois
- Social
- Les bobos parlent aux bobos
- Nucléaire en Champagne-Ardenne
- Brèves

Suppression de la carte scolaire :
vers une éducation de classe.

Pour mettre fin aux inégalités sociales, le gouvernement et le ministre de l'Education ont annoncé la suppression de la carte scolaire (déjà largement contourné) d'ici trois ans.
Quels sont les enjeux et quelles sont les conséquences d'une telle décision prise sans concertation?
La carte scolaire a été mise en place en 1963, dès lors chaque élève doit être scolarisé dans l'école primaire ou le collège du secteur où sa famille réside, la carte scolaire construit donc la mixité scolaire au regard d'une prétendue mixité urbaine! Les inégalités scolaires n'étant que le reflet des inégalités spatiales ce principe basé sur la répartition spatiale des populations compromet à la fois la mission d’intégration attribuée à l’école républicaine et le principe d’égalité de tous devant l’éducation. Pour autant faut-il mettre fin à la carte scolaire pour, nous dit Xavier Darcos, mettre fin aux ghettos scolaires et aux contournements massifs de la carte scolaire (1) ?
Sans aucun doute, la suppression de la carte scolaire va avoir comme conséquence l'accroissement de ces inégalités. En effet, le «libre choix» de l'établissement scolaire pour sa progéniture entraînera de fait une concurrence entre les établissements voulant attirer vers eux les meilleurs élèves. Et qui aura ce «libre choix» ? Ceux qui pourront amener leur enfant dans la «bonne école», c'est à dire les personnes les plus favorisées. Dès lors se dessinera une segmentation, bien plus claire qu'alors, entre établissements «compétitifs» et établissements «non compétitifs». Les établissements «non compétitifs» en raison de leur localisation (dans les quartiers les plus populaires) seraient contraints à un niveau d’exigence scolaire très bas, c’est-à-dire devraient accueillir les élèves en difficulté scolaire (issus très majoritairement des classes défavorisées (2)) ce qui accentuerait la formation d’établissements dits «poubelles». Alors que nous constatons déjà avec la carte scolaire une différenciation des moyens financiers et humains selon les établissements, les sections et les options, il est clair que la suppression entraînera le renforcement de l'éducation de classe. La suppression de la carte scolaire tend donc à légitimer les inégalités quelles soient sociales ou scolaires et elle n'entraînera en aucun cas un renforcement de l'égalité des chances, n'en déplaise au ministre de l'Education.
Cette politique est directement issue de l'idéologie libérale qui a déjà sévi dans le transport, la santé, le service postal, les télécommunications, la santé, l'énergie ou encore les retraites. On réduit les moyens publics vers ces services qui de fait périclitent peu à peu, seuls les classes favorisées pouvant avoir, du fait de leurs moyens, aller vers les services les plus performants. Nul doute qu'à terme la suppression de la carte scolaire s'inscrit dans l'optique d'une privatisation de l'éducation. On comprend mieux alors pourquoi les libéraux de droite comme de gauche aient fait de l'assouplissement ou de la suppression de la carte scolaire un objectif prioritaire.
D'autres problèmes vont rapidement se poser. Quels seront les moyens humains et financiers mis à disposition des divers établissements ? Quelle sera la teneur des apprentissages et des compétences que devront acquérir les élèves, au cours de leur scolarité, dans les établissements défavorisés par cette mesure de suppression de la carte scolaire?
Il est donc impératif de s'opposer à la suppression de la carte scolaire et de militer pour la mise en place d'une véritable carte scolaire en prenant comme élément fondateur une véritable mixité sociale (pourquoi pas une répartition des élèves dans les établissements par tirage au sort ?) et une répartition équitables des budgets entre les établissements.

1 Discours de X.Darcos lors du 61è congrès de la F.C.P.E du 26/05/2007.
2 Lire entre autres les travaux de P.Bourdieu


Spécial copinage 18 € + frais de port
Fichier ADN : 2.000 Marnais prélevés chaque année
A l’heure actuelle, un peu moins de 500.000 «profils génétiques» ont été enregistrés en France. Dans la Marne, le procédé est désormais bien rôdé avec une moyenne d’environ 2.000 nouveaux «profils» transmis chaque année au Fnaeg (fichier des empreintes génétiques). La majorité des prélèvements (1.000 à 1.500 selon les années) sont effectués par les policiers de l’identité judiciaire de Reims rattachée au SRPJ. Les gendarmes en effectuent entre 700 et 900. «La liste des infractions pour lesquelles les prélèvements sont autorisés est fixée par la loi» indique le substitut du procureur qui a géré les recueils d’ADN au parquet de Reims. Globalement, le champ d’application recouvre les atteintes aux personnes et aux biens, les infractions liées aux stupéfiants, aux armes, à la fausse monnaie. En sont exclues les contraventions ou les infractions financières (comme c’est bizarre). Le prélèvement ne peut s’effectuer qu’avec l’accord de la personne. En cas de refus, la peine maximale encourue est d’un an ferme et 15.000 € d’amende (deux ans et 30.000 € si le refus émane d’un condamné pour crime). Une vingtaine de condamnations ont déjà été prononcées à Reims. L’ADN d’un condamné est conservé 40 ans, 25 ans pour celui d’une personne «mise en cause» mais si l’affaire la concernant n’a pas eu de suite judiciaire, «elle peut demander au procureur de la République l’effacement de son inscription au fichier».

La rétention administrative en chiffres en 2006
Selon la Cimade, au moins 31 232 personnes ont été retenues en 2006, contre 28 220 en 2003. Parmi elles, 97 familles et plus de 200 mineurs, d'une moyenne d'âge de 8 ans. Près de la moitié des enfants étaient nés en France. La durée moyenne de rétention est passée de 5 à 9 jours en trois ans.
Les nationalités arrivant en tête des placements en rétention étaient en 2006 les Roumains (14,22%), les Algériens (12,21%), les Marocains (9,13%), les Turcs (7,78%), les Tunisiens (4,32%) et les Chinois (4,24%).
88,79% des étrangers placés en rétention n'avaient pas commis de délits. Sur le total des personnes retenues, 45,56% ont été présentées à l'embarquement pour être expulsées vers leurs pays d'origine et 54,4% ont été remises en liberté ou déférées.
Le rapport 2006 peut être téléchargé sur http://www.cimade.org/assets/0000/0073/rapport_retention_2006.pdf

Les reconduites à la frontière
Depuis 2002, plus de 100 000 étrangers ont été expulsés du territoire métropolitain (la loi dit reconduits à la frontière). En 2006, 23 831 personnes ont été expulsées de la métropole, auxquelles il faut ajouter environ 24 000 personnes dans les départements et territoires d’Outre Mer. Fin septembre, il y aurait eu plus de 18 600 expulsions du territoire métropolitain, dont un peu plus de 2 500 auraient bénéficié d’une aide au retour. (sources : Brice Hortefeux, le 8 novembre 2007). Pour faire du chiffre et atteindre l’objectif des 25 000, les roms de Roumanie et Bulgarie (membres depuis janvier 2007 de l’Union Européenne) sont de nouveaux reconduits par cars entiers dans leurs pays d’origine (on leur notifie une Obligation de Quitter le Territoire Français non contestable avant de monter dans les bus et on leur attribue 156 € par personnes).
Dans la région, de nombreuses familles sont menacées d’expulsions. Un ressortissant Bélarusse a échappé récemment à l’expulsion en se rebellant et en se faisant débarquer de l’avion par le commandant de bord. Heureusement pour lui, car la Cour Européenne des Droits de l’Homme venait de demander à la France de ne pas l’expulser, mais le fax était arrivé trop tard.
RESF organise, en soutien à toutes les familles menacées d’expulsion dans le cadre de la politique d’immigration et de la remise en cause du droit d’asile, le samedi 15 décembre 2007 un rassemblement à Reims devant le Palais de Justice.

Evasion du local de rétention administrative de Soissons
Deux Marocains en situation irrégulière sur le territoire français, interpellés la veille à l'occasion d'un contrôle de gendarmerie à Château-Thierry, se sont échappé du local de rétention administrative de l'Aisne situé dans la cour du commissariat de Soissons. Le jour même, l'un d'entre eux a été retrouvé dans Soissons. Quant à l'autre, il est toujours en fuite. C'est la seconde fois qu'une évasion a lieu dans ce local de rétention administrative. Une enquête administrative a été ouverte et une réflexion est menée sur la façon de renforcer la sécurité. Tous les étrangers en situation irrégulière interpellés dans le département y sont conduits ; ils y restent en général 48 heures avant d'être présentés au juge de la liberté et de la détention du tribunal de grande instance de Soissons. Ils sont ensuite transférés vers un centre de rétention administrative en attente de leur reconduite à la frontière.

Moins de CRS, de gendarmes mobiles et de policiers ?
Dans le cadre de la réforme de l'Etat, un rapport sur la sécurité, établi par une équipe de fonctionnaires dirigée par l'inspecteur des Finances François Mongin, relevé le 23 octobre 2007, dresse un bilan accablant des dépenses et de l'organisation de la gendarmerie et de la police. «L'administration vit à crédit», écrivent-ils, soulignant l'impossibilité de récupérer les heures supplémentaires et les repos compensateurs accumulés par les policiers, «12 millions, au 31 décembre 2006». Ils suggèrent de solder ces heures «à hauteur de 50 millions d'euros» et de «réviser le temps de travail» des policiers. Ce rapport tire à boulets rouges sur certaines dépenses, en particuliers les prix excessifs de l’entretien des véhicules et des assurances. Côté maintien de l'ordre (CRS de la police et gendarmes mobiles), ils recommandent de tailler dans les effectifs (suppression de 26 unités sur les 188 existantes) afin de les recentrer «sur leur cœur de métier». Plus généralement, ils préconisent 8 à 10.000 suppressions d'emplois de policiers et de gendarmes dans le cadre de la réforme de l'Etat. Ce rapport suscite de vives réactions. L’UNSA police dénonce une politique répressive concernant les étrangers en situation irrégulière : «C'est devenu la priorité absolue, presque avant un braqueur ou un violeur !».


Réforme de la carte judiciaire
Étalée sur trois ans, la réforme de la carte judiciaire commencera en 2008 avec la mise en place des pôles de l'instruction le 1er mars 2008. Visant à éviter l'isolement des juges, à encadrer les jeunes magistrats et à renforcer la collégialité, ils seront établis dans les tribunaux de grande instance de Laon, Reims, et Troyes.
En 2009, des changements concerneront les tribunaux d'instance. L'actuel tribunal d'instance de Vervins sera regroupé avec celui de Saint-Quentin, celui de Château-Thierry avec Soissons, ceux de Rocroi et Rethel avec Charleville-Mézières, celui de Vouziers avec Sedan, ceux de Bar-sur-Aube, Bar-sur-Seine et Nogent-sur-Seine avec Troyes, ceux d'Épernay et de Vitry-le-François avec Châlons-en-Champagne. Le greffe détaché d'Hirson fusionnera avec Saint-Quentin, celui de Chauny avec Laon, celui de Creil avec Senlis et celui de Fumay avec Charleville-Mézières.
Toujours en 2009, les tribunaux de commerce seront modifiés. Les actuels tribunaux de commerce de Vervins et Chauny fusionneront avec celui de Saint-Quentin, celui d'Épernay sera fusionné avec celui de Reims, celui de Charleville-Mézières avec Sedan.
La réforme s'achèvera en 2010 avec les tribunaux de grande instance. Aucune suppression dans les 4 départements.


CA HS 12
journal-lechatnoir
mise à jour le 22/12/2007